Les seigneurs de Saint-Amandin

Les seigneurs successifs des terres de Lugarde et de Saint Amandin

Synthèse

Au XIIIe siècle, les terres de Lugarde et de Saint-Amandin appartiennent à la famille du Breuil, à l’exception de Laquairie, Vezolet et le domaine de Vezolet qui appartiennent à l’abbaye du Val-Honnête de Condat-en-Feniers. Elles changeront de propriétaires à l’occasion de trois mariages. Vers 1250, elles passent à la maison de Murat ; en 1455, à la maison d’Estaing ; et en 1647, à la maison de Chavagnac. A la révolution, en 1792, les terres seront vendues comme biens nationaux.

Détail

  • Maurin ou Martin du Breuil. Il dépend du comté d’Aubijoux (ruines du château d’Aubijoux à côté de Marcenat). Il part en croisade en 1248 à la suite de Saint-Louis. A son décès, les terres échoient à ses deux filles, Marie et Aliénor. Celles-ci épousent Pierre de Brezons et Géraud de Paulhat, tous deux appartenant à la maison de Murat.

Nous n’avons pas d’informations sur une période de deux cents ans, jusqu’au mariage de Jeanne de Propières, de la maison de Murat, avec Guillaume IV d’estaing.

  • Guillaume IV d'Estaing, vicomte d'Estaing, vers 1450, il épouse Jeanne Propières de la maison de Murat. Ils eurent trois enfants dont Gaspard d’Estaing.

Il se distingua dans les guerres contre les Anglais, et rendit de grands services à Charles VII, alors Dauphin. Il reçut en don de ce prince les villes de Vias et de Bessan dans le diocèse d'Agde. Il fut depuis conseiller et chambellan de Charles VII après son avènement au trône, sénéchal et gouverneur de Rouergue, capitaine de Nijac, viguier et bailli de Nîmes. Il alla en Ambassade en Castille en 1454.

 

Les armoiries des d'Estaing

Le lys est normalement réservé
aux armoiries du roi de France.
En 1214, à la bataille de Bouvines,
la roi Philippe Auguste est renversé de son cheval.
Déodat d’Estaing se porte à son secours, sauve
son écu (bouclier) des mains de l’ennemi.
En récompense, le roi lui permet de porter
les armes de France avec un chef d’or pour brisure.

  • Gaspard Ier d'Estaing, seigneur de Vernines, Valentines et d'Anval, sénéchal et gouverneur de Rouergue, épousa, en 1455, Jeanne de Murol, fille de Jean, baron de Murol. Ils eurent cinq enfants dont Louis d’Estaing.

 

le portail de l'église de Saint Amandin

 

Le porche de l'église de Saint-Amandin fut élevé au XVe siècle à l'occasion du mariage de Gaspard 1er
d'Estaing avec Jeanne de Murol en 1455. Nous retrouvons sur le tympan, à gauche, les armes de la
famille d'Estaing. A droite, on peut supposer qu'il s'agit des blasons écartelés des familles d'Estaing
et de Murol
  • Louis d’Estaing, damoiseau seigneur de Val et de Vernines, né vers 1460, épouse en 1489 Marguerite de Comborn, fille de Jean, Vicomte de Treignac, seigneur de Rochefort et de Jeanne de Maignelets. Ils eurent trois enfants dont Gabriel d’Estaing.

Etant aveugle, Louis d’Estaing fut obligé de céder à son frère cadet le partage des biens. Il eut pour sa part les terres de Vernines, d’Anval et de Talende.

  • Gabriel d’Estaing, seigneur de Murol et Vernines, Vicomte d’Estaing après la mort de son cousin Gaspard par substitution en faveur des mâles. Il épouse en 1518 Charlotte d’Arpajon, fille de Jean, vicomte d’Arpajon, Baron de Sevrac et d’Anne de Bourbon. Ils eurent (sauf erreur) un seul enfant : Francois 1er d’Estaing.
  • François 1er d’Estaing, Vicomte d’Estaing et de Cadars, baron de Murol, chevalier de l’Ordre du Roi. Il épousa le 29 novembre 1540 Catherine de Chabannes, fille de Joachim, marquis de Curton, sénéchal de Toulouse, et de Peronnelle de Lévis-Ventadour. Ils eurent trois enfants dont Jean III d’Estaing. Il décède en 1585.

François 1er d’Estaing se distingua par sa prudence et son courage (dixit le dictionnaire de la noblesse)

  • Jean III d’Estaing, Vicomte d’Estaing et de Cadars, baron d’Autun, de Murol et de Landorre. Il épouse le 5 août 1584 Gilberte de la Rochefoucauld, fille de François, vicomte de Ravel. Ils eurent neuf enfants dont Jacques d’Estaing.

Jean III d’Estaing prit le parti de la Ligue à la persuasion du Duc de Nemours. Mais ayant appris la conversion du roi Henri IV, il traita avec Charles, Duc de Valois, Gouverneur de la province d’Auvergne. Le roi ratifia ce traité et « écrivit très obligeamment au Seigneur d’Estaing, qu’il reconnut même pour son parent. Il fut depuis le Capitaine d’une Compagnie de 50 hommes d’armes, entretenue pou le roi jusqu’en 1612. Il se trouva au siège de Montauban en 1621, avec la noblesse d’Auvergne et de Rouergue. Il meurt le 13 octobre 1621.

  • Jacques d’Estaing, Chevalier, Seigneur de la Terrisse et de Nébouzat, vicomte de Neschers, baron de Saillans et de Plauzat. Il épouse le 21 juillet 1616 Catherine du Bourg, Dame de Saillans, arrière petite-fille d’Antoine du Bourg, Chancelier de France et, fille unique et héritière de Louis du Bourg, baron de Saillans et de Jeanne de Lastic. Ils eurent trois enfants dont Charlotte d’Estaing
    Et Giscard ?  La famille Giscard d'Estaing porte ce nom depuis le décret
    du 17 juin 1922 qui autorisa Edmond Giscard, son frère René
    et leurs descendants à ajouter le nom d'Estaing à leur patronyme.
    Les Giscard prenaient le nom d'une lointaine aîeule, Lucie-Madeleine
    Destaing (1769-1844).
  • Charlotte d’Estaing épouse le 20 octobre 1647 François de Chavagnac.

A dater de ce mariage, la terre de Lugarde et Saint-Amandin sort définitivement de la maison d’Estaing. François Chavagnac devient le premier seigneur de ce nom. La maison de Chavagnac est une très ancienne famille, qui porte le nom d’une terre et d’un vieux château dans la commune d’Auriac, démoli sous Louis XIII.

  • François de Chavagnac né en 1616 au château de Chavagnac à Auriac-l’Eglise (15) Cantal de Josué de Chavagnac et de Gilette de Calvisson de Nogaret. Mort le 19 décembre 1675 à Chaselles, Auriac-l’Eglise (15). Seigneur de La Garde (certainement Lugarde) et d’Andredieu.

Il épouse Charlotte d’Estaing (voir ci-dessus). Ils eurent deux enfants. Il épouse en seconde noces le 7 mai 1659 à Blesle (Haute-Loire) Louise Blanc du Bos. Ils eurent quatre enfants dont Henry-Louis de Chavagnac.

François de Chavagnac fut lieutenant des gendarmes du comte d’Harcourt. Il servit en Catalogne, en qualité de sergent de bataille et maréchal de camp des armées du roi. Il fut nommé au gouvernement du Tarnais et fait ensuite lieutenant général. Il se convertit Il servit sous le prince de Condé en 1646. Il participe à la Fronde durant laquelle il commande à Sarlat. Surpris à Sarlat et fait prisonnier, Charlotte d’Estaing le défendit avec courage et périt dans cette affaire.

  • Henry-Louis de Chavagnac, né à Blesle (Haute-Loire) en 1664, mort à Blesle le 9 septembre juillet 1743. Seigneur d’Andredieu, la Rochette, Chavagnac, Blesle, Baron de Pont-Quellenec en Bretagne. Il épouse le 30 novembre 1708 à Brest (Finistère) Louise des Nos de Champmeslin, fille de Gilles des Nos de Champmeslin, lieutenant général des armées navales de sa majesté et de Julienne Colas de Cintray. Il aura deux enfants dont Gilles de Chavagnac.

    Les armes actuelles de la famille de Chavagnac
    ont été introduites par Henry-Louis de Chavagnac:
    de sable à trois fasces d'argent accompagnées de
    trois roses d'or en chef.

Lieutenant de vaisseau et capitaine d’une compagnie franche de la Marine, Henry-Louis de Chavagnac a servi en qualité de capitaine de Vaisseaux du roi, et par ses services mérité non seulement la croix de Saint-Louis , avec la place de commandant de la compagnie des gardes de la Marine à Brest, mais de plus l’érection de ses terres de Chavagnac, Blesle et autres (on peut donc supposer Lugarde et Saint-Amandin), en titre et dignité de marquisat sous le nom de Chavagnac et le grade de chef d’escadre des armées navales de sa majesté à la promotion du 27 mars 1728.

La terre de Chavagnac, dans la paroisse d’Auriac, fut érigée en marquisat en sa faveur, par lettres patentes de 1720, avec Blesle comme chef-lieu de marquisat.

  • Gilles Henri Louis Clair de Chavagnac, 2ème Marquis de Chavagnac, né le 16 octobre 1709, seigneur de Blesle, Baron du Pont-Quellenec. Il épouse le 4 avril 1728 Anne Angélique Renée de Froullay-Tessé. Ils eurent trois enfants dont Annet Frédéric Henri René de Chavagnac né le 11 novembre 1738.

Gilles Henri Louis Clair de Chavagnac a commencé au mois de mai 1724 à servir en qualité de garde de la marine au département de Brest. Il fut fait enseigne en 1727, s’embarqua la même année avec le marquis d’O et se trouva l’année suivante au bombardement de Tripoli. Depuis ce temps là il ne s’est pas passé une année qu’il n’ait fait quelques voyages. Aide-Major au port de Rochefort en 1736, il arma en second pour le Canada sur le vaisseau nommé « Le Héros » et commanda en 1738 le vaisseau du roi nommé le « Jason ».

  • Annet Frédéric Henri René de Chavagnac, 3ème Marquis de Chavagnac, né le 11 novembre 1738, décédé le 2 novembre 1774 à Blesle. Marquis de Chavagnac. Il épouse le 27 juin 1761 à Saint-Patenre (72) Sarthe, Marie des Escotais de Chantilly. Ils eurent six enfants dont Henri de Chavagnac.

 

  • Henri de Chavagnac, 4ème Marquis de Chavagnac, né le 4 octobre 1763 à Blesle, décédé le 19 juillet 1806 à Saint-Sulpice, Mayenne. Marquis de Chavagnac.

Ainsi s’achève la longue liste de ceux qui furent pendant près de trois cents ans seigneurs de Lugarde et de Saint-Amandin.

Les possessions des Chavagnac devinrent bien national à la Révolution et furent vendes à quelques exceptions.

Furent ensuite marquis de Chavagnac :

  •  Gabriel, Jean, Georges de Chavagnac (1793-1867), 5ème Marquis de Chavagnac,
  •  Edouard de Chavagnac (1825-1889), 7ème Marquis de Chavagnac,
  •  Henri de Chavagnac (1865-1940), 8ème Marquis de Chavagnac,
  •  Edouard de Chavagnac (1904 – 1961), 9ème Marquis de Chavagnac,
  •  Henri de Chavagnac, 10ème Marquis de Chavagnac

 

 

Cette page pourrait être complétée par les sujets suivants:

  • le chateau de Lugarde, résidence des seigneurs de Lugarde et Saint-Amandin
  • les possessions de la famille de Chavagnac à Saint-Amandin
  • Saint-Amandin, la révolution française et la famille de Chavagnac.

 

Les sources:

  • Dictionnaire de la noblesse, M. de la Chenaye-Desbois, Boudet Imprimeur 1773
  • Dictionnaire géographique, historique et politique des Gaules et de la France, Abbé Expillt, Amsterdam 1764
  • L'abbé Charles Orpelières, par P.F. Soucher, curé de Saint-Amandin, Imprimerie moderne d'Aurillac, 1897
Commentaires (1)

1. GINETTE 04/12/2010

BRAVO POUR CE TRAVAIL DE RECHERCHE FORT INTERESSANT -A BIENTÔT LA SUITE ?

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