A la recherche d'un colporteur disparu.

Thérèse Monniaux des Ajades à Saint-Amandin nous transmet un document exceptionnel qu'elle a trouvé sur e bay. Il s'agit d'une lettre du sous-préfêt de Murat au maire de Saint-Amandin datant de 1836 annonçant le décès d'un colporteur originaire de Saint-Amandin.

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L'Auvergne en général et le Haut-Cantal en particulier sont des pays d'émigration. Le Haut-Cantal était et reste aujourd'hui une région à dominante rurale. La majorité des exploitations étaient de taille modeste, le climat rude et les sols peu propices à la culture. Les familles comptaient beaucoup d'enfants. Il n'était pas possible de garder tout le monde à la ferme. Très jeunes, à l'âge de 13 à 15 ans, les enfants étaient placés dans des exploitations plus importantes ou devenaient commis de colporteurs, étameurs, repasseurs, chaudronniers, marchands de toile ... Ils quittaient la ferme en septembre pour silloner les routes des provinces de France, revenaient fin juin pour aider aux travaux des champs. Ayant appris leur métier, certains devenaient leur propre patron.

Si la vie dans le Haut-Cantal était rude, celle des métiers de la route ne l'était pas moins. De nombreux documents attestent de décès de colporteurs et autres métiers de la route.

Le document que nous communique Thérèse Monniaux est un courrier du sous-préfêt de Murat au maire de Saint-Amandin. Cette lettre l'informe du décès de Jean Barbat, colporteur, décédé le 17 janvier 1836 à Saint-Sernin, dans l'arrondissement de Villeneuve dans le Lot-et-Garonne.Le sous-préfêt demande au maire de Saint-Amandin d'inscrire cet acte dans le registre des décès conformément à l'article 80 du code civil et d'en faire la remise à la famille "du dit Jean Barbat".

Détail de la lettre. Cliquez pour agrandir

Le maire de Saint-Amandin à cette époque était Antoine Crouzy, habitant Laquairie de Saint-Amandin. Antoine Crouzy est mort en 1839. Il est mentionné en tant que maire en 1827 et 1831 (source abbé Soucher, in "L'abbé Orpelières", imprimerie moderne à Aurillac,1897). La famille Barbat est bien connue encore aujourd'hui. Un apiculteur et un ancien étameur portant ce nom habitent Saint-Amandin. Sont-ils des descendants directs ou Jean Barbat appartenait-il à une branche collatérale ?

La lettre date du 9 février 1837 alors que le décès date du 17 février 1836. Cela laisse penser à un délai légal d'un an. Jean Barbat aurait-il disparu ? Les tables décennales des registres d'état-civil de Saint-Amandin ne mentionnent pas son décès. Nous ne connaissons pas son âge, le lieu précis où il habitait. Etait-il marié ? Pour en savoir plus, il faudrait consulter le registre des décès proprement dit, ou les mentions marginales de son acte de naissance. La consultation des registres de Saint-Sernin pourrait également fournir des informations. Avis aux généalogistes amateurs !

L'association de sauvegarde du petit patrimoine de Saint-Amandin.prépare pour le 2ème trimestre de 2011 une exposition sur les étameurs et les marchands de toile du Haut-Cantal. Si vous avez des informations, des documents, des objets merci de prendre contact. Il suffit de cliquez sur le menu contact dans la barre du haut et de laisser un message.

 

La face avant du courrier du préfêt au maire de Saint-Amandin

Ci-joint la lettre avec le cachet de la poste. Les enveloppes n'existaient pas. Il faut attendre la fin du 19e siècle pour voir l'usage des  enveloppes se généraliser. Auparavent, on écrivait sa lettre sur un papier plié en deux. Pour l'expédier, on pliait une deuxième fois en trois. La lettre était fermée par un cachet de cire pour préserver le secret de la correspondance. Il n'y pas de timbre sur la lettre ci-dessus qui date de 1837. Le premier timbre postal a été mis en circulation en Grande-Bretagne en 1840. En France, c'est le 1er janvier 1849 que le premier timbre est édité avec une valeur faciale de 20 centimes. Auparavant, c'était le destinataire qui payait la redevance postale. Pour faire face à de nombreuses fraudes, ce fût ensuite à l'expéditeur de la payer.

 

Commentaires (2)

1. Françoise Gondal 14/01/2011

Je viens de trouver l'acte de naissance d'un Jean Barbat, né le 30 mai 1810, déclaré par son grand père Antoine Barbat cultivateur à Bagil, fils de Jeanne Vernet et Pierre Barbat, fils du déclarant en présence d'Antoine Crouzy et Pierre Papon, cultivateurs à Chassagny. Ni le déclarant ni les témoins ne savent signer.
ça pourrait être le colporteur??87747B

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